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David Diop

David Diop naît à Paris en 1966 d’un père sénégalais et d’une mère française. Très jeune, il quitte la France avec ses parents pour rejoindre Dakar. Dans la maison occupée par la famille, quartier Liberté 6, s’entremêlent deux cultures, deux héritages, deux imaginaires : on lit Montesquieu et Flaubert, on entend les aventures de Leuk-le-lièvre et Bouki-l’hyène, on écoute l’Orphée et Eurydice de Gluck ou les succès de Youssou Ndour. De sa mère, David Diop apprend à aimer la langue française dont il se joue, dès petit, dans des poèmes satiriques. De son père, de ses oncles et cousins, des gamins de la rue, il apprend à manier le wolof.

À Dakar, David Diop entre à l’école des Pères Maristes. Il y approfondit l’étude des humanités et devient lauréat du Concours général de français, latin et philosophie en 1983. Comme beaucoup de ses camarades, il rêve de poursuivre ses études supérieures en France. Après une hypokhâgne et une khâgne au lycée Saint-Sernin de Toulouse, il intègre l’université de la Sorbonne. Le voilà de nouveau à Paris. Il consacre sa thèse de doctorat à la philosophie politique dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, sous la direction de Sylvain Menant. D’abord professeur de lettres modernes dans le secondaire, il entre à l’université de Pau et des Pays de l’Adour où il est maître de conférences en littérature du XVIIIe siècle. En 2009, il fonde le GRREA 17/18, groupe de recherche sur les représentations européennes de l’Afrique et des Africains aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans le cadre de son habilitation à diriger des recherches, soutenue en 2013 à la Sorbonne sous la direction de Michel Delon, David Diop étudie la voix des Africains dans les récits de voyage de la fin du XVIIe siècle à la Révolution. Ces travaux de recherche aboutissent à la parution en 2018 de Rhétorique nègre au XVIIIe siècle. Des récits de voyage à la littérature abolitionniste. Outre l’enseignement de la littérature des Lumières, il consacre des séminaires de master à l’étude d’auteurs africains d’expression française tels qu’Ahmadou Kourouma.

Frère d’âme comme 1889, l’Attraction universelle, son premier roman, se situent à la confluence de toutes ces expériences. De l’exhibition de nègres des colonies pendant l’Exposition universelle de Paris en 1889 au parcours d’un tirailleur sénégalais pendant la Grande Guerre, David Diop interroge dans ses œuvres de fiction tout autant que dans ses travaux scientifiques la question des représentations : quelle image les Européens ont-ils des Africains à une époque donnée ? Comment cette image conditionne-t-elle les Africains eux-mêmes ? Que nous dit cette image de l’Europe, de ses connaissances de l’Autre africain, de ses préjugés ?

En dates : 

 

1966 – Naissance à Paris d’un père sénégalais et d’une mère française

 

1972 – Installation de la famille à Dakar

1972-1984 – Études primaires et secondaires à l’école des Pères Maristes

1984-1987 – Hypokhâgne et khâgne au lycée Saint-Sernin de Toulouse

1990 – Études supérieures à l’université de la Sorbonne

1996 – Soutenance d’une thèse de doctorat consacrée à la philosophie politique dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, sous la direction de Sylvain Menant

1992-1997 – Professeur de lettres modernes dans le secondaire

Depuis 1998 – Maître de conférences à l’université de Pau et des pays de l’Adour spécialisé dans la littérature des Lumières et l’étude d’auteurs africains francophones tels qu’Ahmadou Kourouma.

2009 – Fondation du GRREA 17/18, groupe de recherche sur les représentations européennes de l’Afrique et des Africains aux xviie et xviiie siècles - Codirection du recueil L’Afrique du siècle des Lumières, publié à Oxford, éditions SVEC

2012 – 1889, l’Attraction universelle, premier roman, paru aux éditions de l’Harmattan

Codirection du numéro spécial « L’Afrique » de la revue Dix-huitième siècle

2013 – Habilitation à diriger des recherches, soutenue à la Sorbonne sous la direction de Michel Delon

2018 – Essai intitulé Rhétorique nègre au XVIIIe siècle. Des récits de voyage à la littérature abolitionniste, éditions Classiques Garnier, lauréat du Prix Durand-Réville de l’Académie des Sciences d’Outre-mer

Frère d’âme, publié aux éditions du Seuil, lauréat d’une quinzaine de prix littéraires dont le Goncourt des Lycéens, le Prix Kourouma et huit choix Goncourt étrangers.

 

2021 – Parution de La Porte du voyage sans retour aux Editions du Seuil le 19 août 2021

© Hermance Triay