Frère d'âme - le lexique 

Artilleurs

Soldats qui servent dans l'artillerie et tirent des projectiles de gros calibres à grande distance.

Altérité

L’étymologie du mot est latine, alter et désigne le caractère de ce qui est autre. Dans le langage courant, l’altérité signifie la reconnaissance de l'autre dans sa différence. C'est donc un principe de base de la laïcité, la différence s’entendant ethnique, sociale, culturelle ou religieuse.

Animisme

L’animisme est la croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels. 

Chocolat

Le capitaine Armand désigne les Noirs par le terme « chocolats » en référence au duo comique Foottit et Chocolat, le clown blanc et le clown noir, qui connut un immense succès avant guerre.

Chocolat est l’archétype du bon nègre, ancien esclave cubain, receveur de claques, un peu niais mais athlétique, poncifs répandus à l’époque coloniale. 

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Conscription

Réquisition de tous ses hommes par un Etat pour faire le service militaire, devenu obligatoire en France de 1905 à 2000. 

Coupe-coupe 

Machette réglementaire des tirailleurs, utilisée en 1914-1918 au cours des plus durs affrontements à l'arme blanche.

Croix de guerre

La croix de guerre est une décoration créée en février 1915 pour récompenser une ardeur exceptionnelle au combat durant la première guerre mondiale. 

Dëmm

Le terme « dëmm » désigne en wolof le sorcier, celui qui dévore l’âme par le sortilège. Le proverbe « Dëmm ndey, gaana baay » (littéralement « la sorcellerie c’est la mère, la lèpre c’est le père ») révèle la croyance populaire selon laquelle le pouvoir caché qu’un homme détient sur l’esprit des autres provient de sa mère alors que le pouvoir qu’il montre, sa force physique, lui vient de son père. C’est à partir de la disparition de sa mère et de son adoption par la famille de Mademba, qu’Alfa le lutteur est perçu par les autres comme un « dévoreur d’âmes sans pitié » (p. 86).

Ethnie

Ensemble de personnes que rapprochent un certain nombre de caractères de civilisation, notamment la langue et la culture.

Faidherbe, Louis

Louis Faidherbe (1818-1889) est un général français. Il commence sa carrière en Algérie avant d'être envoyé, en 1852, au Sénégal dont il fut le gouverneur de 1854 à 1865. Il lutte contre les Maures, les Toucouleurs et annexe le pays des Wolofs et le Cayor. ​

Grigri 

En Afrique noire, amulette fabriquée par un sorcier pour porter bonheur et conjurer les mauvais sorts.

Honte noire

On appelle « honte noire » (Schwarze Schande) la campagne de propagande à caractère racial menée en Allemagne contre l’occupation d’une partie du territoire par les soldats des colonies au lendemain de la Première Guerre mondiale. Extrêmement virulente dans les années 1920-1923, elle attise la peur et la haine des Africains, « hyènes noires » qui renversent l’ordre établi par la hiérarchie coloniale européenne en passant du statut de colonisés à celui d’occupants (Volksgazet, 13 avril 1920, « Le fléau noir »). Cf. illustration de propagande ci-contre. 

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Le Kal ou "parenté à plaisanterie" 

Le « kal » ou « parenté à plaisanterie » en wolof, est un trait culturel partagé par l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. Elle consiste en une moquerie, une taquinerie codifiée entre certains clans ou familles, ici les Diop et les Ndiaye, chacun étant associé à un animal totem (le paon et le lion). Cette pratique qui remonte à l’Antiquité a une fonction cathartique et assure la cohésion sociale.  

Marraine de guerre

En 1914-1918, femme qui se dévoue pour soutenir moralement et matériellement un soldat isolé.

Mauvais œil

Employé comme expression, le mauvais œil est une faculté attribuée à certaines personnes de porter malheur selon la croyance populaire.

Le mot "nègre"

Emprunté à l’espagnol (negro) provenant lui-même du latin (niger), le substantif « nègre » est attesté pour la première fois en français en 1529 sous la plume des frères Parmentier dans leur Voyage à Sumatra. Désignant une « personne de race noire », ce mot a longtemps été dénoté. Les philosophes des Lumières qui ont lutté contre l’esclavage l’emploient volontiers : Voltaire évoque dans Candide la douloureuse rencontre du personnage éponyme avec le « nègre de Surinam » et Montesquieu renverse les arguments esclavagistes dans le chapitre « De l’esclavage des nègres » de L’Esprit des lois. L’assimilation du nègre à l’esclave confère au mot une idée d’infériorité. Petit à petit, le terme devient péjoratif, ce que certains dénoncent, tel Hugo en 1826 : « Nègres et mulâtres ! (...) Viens-tu ici nous insulter avec ces noms odieux, inventés par le mépris des Blancs ? Il n’y a ici que des hommes de couleur et des Noirs » (Bug-Jargal). Au XXe siècle, l’influence de « l’art nègre » sur les avant-gardes (fauvisme, cubisme notamment) réhabilitera quelque peu l’adjectif et le néologisme « négritude » forgé par Aimé Césaire, qui tentera d’en renverser la charge négative. Aujourd’hui, le mot « nègre » conserve une connotation raciste.

Poilus

Surnom donné aux soldats français de 1914-1918, ainsi appelés parce qu'ils pouvaient difficilement se raser et gardaient leur barbe et leurs moustaches. 

Sorcier

Personne à laquelle on attribue des pouvoirs surnaturels et en particulier la faculté d'opérer des maléfices avec l'aide du diable ou de forces malfaisantes. 

Syncrétisme

Système philosophique ou religieux qui tend à faire fusionner plusieurs doctrines différentes.

Tirailleurs

Soldats d'infanterie servant hors du territoire français, formés d'autochtones (Algériens, Africains, Malgaches, Indochinois...) encadrés par des français. 

Totem

Animal ou végétal considéré comme l'ancêtre et/ou le protecteur d'une collectivité ou d'un individu.

Toubab

Mot désignant, en Afrique de l’Ouest, toute personne blanche.

Le terme « toubab » est partagé par toute l’Afrique de l’Ouest